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Des membres de l'Epco ont participé

Celibataire
Parution de
la revue La Célibataire
intitulé  « Une journée entière avec James Joyce » coordonné par A.Harly.
Ce numéro est construit à partir des journées organisées par l’ EPCO en mars 2013 , et d’autres contributions


 
Aux éditions de l'Epco
Du Trinitaire en ses nouages
Sous la direction d'Alain Harly
Trinitaired

P-C Cathelineau, V Ciomos, M Darmon, A Fouquet Guillot, H Frignet, N Hamad, A Harly, C Imbert, H Lazar, J.J Lepitre, P Magnard, C Melman, M Milhau, H Ricard, M Robin, C Savinaud
Comme par hasard
Sous la direction d'Alain Harly
commepar 
A Harly, J-L Chassaing, P Arel, J Brini, H Cesbron Lavau, A Cardon, A Fouquet Guillot, H Sugier, J-L Villessuzanne, M Robin, C Lacôte, A-A Houbballah, B Vandermersch, J-J Lepitre, S Thibierge,

Aux Editions de l'ALI
Variations sur la jouissance musicale
Sous la direction d'Alain Harly
variations

C Dorgeuille, J-J Duparc, J-J Lepitre, M Robin, M Levinas, E Sprogis, M-G Dorgeuille, M-C Salomon Clisson, F Nicolas, H Ricard, F Dachet, O Douville, V Hasenbalg Corabianu, M Morali, C Pont, J-M Vives, J-J Rassial, L Petit, M-C Cadeau

Aux Editions ERES
  Désir et responsabilité de l'analyste

Sous la direction de Jean-Pierre Lebrun
Desir et responsabilité

P Belot Fourcade, M Bergès Bounes, J-L Cacciali, J-L Chassaing, R Chemama, C Dubois, M-C  Forest, J-M Forget, E Gavel Marcouiller, J-P Hiltenbran, A Joos, C Josso Faurite, M Lerude, J Marchioni Eppe, S Mendelsohn, M Morali, A Oldenhove Calberg, R Pirard, T Roth, J-L de Saint Just, L Sciara, J-J Tyszler.


Publication de l’ouvrage sous la direction de  Claude Savinaud : Le propre de l’ humain, ed. l’ Harmattan, 2013.
Journées Joyce , Monique Dorsel

Le 23 Mars 2013 nous avons eu la chance d'entendre l'interprétation du monologue de Molly Bloom par Monique Dorsel. Avec son accord nous en diffusons l'enregistrement.
monique dorsel

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Cliquer pour écouter, clic droit enregistrer

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L’Association Lacanienne Internationale

 L’Ecole Psychanalytique du Centre-Ouest

Organise deux journées d’étude

Les rencontres de Céret
Le vendredi 6 mai 2016 et le samedi 7 mai 2016

(week-end de l’Ascension 2016)

à Céret  (Pyrénées Orientales)

à la médiathèque Ludovic Massé, rue du Commerce,

prés du Musée d’Art Moderne de Céret.

L’ARTISTE ENTRE REEL ET REPRESENTATION

Argument :

 Pendant une grande partie du 20ème Siècle, de nombreux artistes, en particulier des peintres, ont été attirés par Céret, séduits par la ville elle-même, par les paysages et peut-être aussi par l’éloignement de la capitale. Ce sera, entre autres, les grands moments du cubisme avec Picasso et Braque. Ces artistes posaient la question de la réalité et de la représentation ; question que pose aussi la psychanalyse mais avec un abord différent.

Le terme même de représentation a différents sens dans la mesure où il correspond à la fois à une fonction psychique dans la démarche du sujet et à l’effet même de l’activité artistique. Dans leur tentative de sortir des constructions de l’art académique du 19ème siècle les artistes tentaient de se rapprocher du réel des objets. Pour autant il ne s’agit pas du Réel selon Lacan comme ce qui ne peut se réduire ni au symbolique ni à l’imaginaire et qui pourtant fait retour pour le sujet. Ce réel irreprésentable qui convoque l’artiste vers sa création.


Braque

 Georges Braque : Femme à la mandoline, 1912

Programme :

 Vendredi 6 mai 2016

 Matinée             9h30                Accueil des participants

 10h                     Propos introductifs par Michel Robin

10h30    Nathalie Genin : pourquoi à Céret ? Pourquoi là ?

11H30    Elise Chante : Soutine à Céret

 12h30 – 14h30 Pause Déjeuner

14h30    Arnaud Stines : Les glissements de la représentation :  introduction à l’art contemporain.

15h15    Pierre-Jean Sugier : Réflexions autour de l’idée de modernité

16h00              Pause

16h30    Marie-Christine Forest : « Un je ne sais quoi de caché qui produit cet effet ».

 Le vendredi soir pour ceux qui le souhaitent : diner festif au restaurant « Al Catala » (inscription préalable voir informations pratiques)

 

Samedi 7 mai 2016

      9h30         Jean-Louis Sous : Nicolas de Staël ,le réel, absolument.

   10h 30          Pause

  11 h             Interview de Marie-Elise de Morgoli dite « Mali » peintre à Amélie les Bains

   11h30        Apéritif dans le cadre du vernissage de l’exposition « Mali »

 13h – 14h30 Pause Déjeuner

 14h30           Michel Robin : « La vérité inaccessible »

15h15           Alain Harly : Remarques cursives sur les représentations chez l’artiste  préhistorique

 16h00           Pause

 16h30           Jean-Jacques Lepitre : A.R.R.T. (art, représentation, réel, transcendance)

17h30           Conclusion des journées : Michel Robin, Jean-Jacques Lepitre, et autres.

Informations pratiques

 - L’entrée aux journées est  libre mais le nombre de place est limité.

 - L’inscription préalable est demandée tant pour les journées que pour le diner du vendredi soir (prévoir pour celui-ci environ 30 € tout compris)

 - Pour les autres repas, chacun pourra trouver de nombreux restaurants dans la ville.

 Logement

 Il y a de nombreux hôtels et chambres d’hôtes dans la région (Le Boulou, Céret, Amélie les Bains)

 A Céret même au cœur de la ville on trouve 3 hôtels :

* Hôtel des Arcades :       04 68 87 12 30 (30 chambres)

* Hôtel Le Cérétan :          04 68 87 11 02  (17 chambres)

* Hôtel Vidal :                     04 68 87 00 87  (8 chambres)

 Il est conseillé de réserver le plus tôt possible (tarifs entre 55 et 75 €)

 Transport

 En arrivant par la SNCF à la gare de Perpignan on peut prendre le « Bus à 1 € » pour Céret qui part à 17h15 (tel. 04 68 80 80 80)  ou retenir un taxi au 04 68 35 15 15.

 Renseignements et Inscriptions

 Contacter :   Michel Robin  Tél. 06 87 63 81 14

Jean-Jacques Lepitre  Tél. 05 55 32 72 12

 

Pour s’inscrire à ces journées et au diner du vendredi soir,  on envoie un message à l’adresse suivante: epco2@wanadoo.fr
Le nombre de places est limité.

Trois conférences sur l’Automatisme Mental

au Centre Hospitalier de Niort, salle du Cloître

le mercredi 6 janvier 2016, le mercredi 2 mars 2016 et le mercredi 4 mai 2016

de 17 heures 15 à 18 heures 45

avec  le Dr. Jean-Marc FAUCHER

             Le conférencier est psychiatre des hôpitaux, il intervient au Centre Médico Psychologique du 11ème arrondissement à Paris, il est psychanalyste, membre de l’Association Lacanienne Internationale. Il est aussi membre du collège de psychiatrie, et de l’Ecole Psychanalytique de St. Anne. Il a publié un ouvrage intitulé « L’automatisme mental. Kant avec De Clérembault », in Les dossiers du JFP, ed. Erés, 2011.

             C’est grâce au Dr. Christine Baudoin-Hemmeret, Praticien hospitalier au secteur de psychiatrie n°2, à M. Alain Harly, psychanalyste, membre de l’ Association lacanienne Internationale et de l’ Ecole psychanalytique du Centre-Ouest, à M. Eric Moreau, Direction du Personnel et des Relations Sociales et à M. Dominique Bernier, cadre de santé, responsable de la formation continue et des stages, que nous allons pouvoir consacrer 3 séances d’une heure et demie à l’étude de l’Automatisme Mental.

 Argument :

             De Clérambault est l’un des deniers grands relais de ce que fut la psychiatrie française. Ses travaux reprennent ceux de Baillarger, de Seglas et sont orientés par ce qu’on peut repérer comme une adresse de départ à son maître Magnan. C’est aussi curieusement le grand oublié des classifications modernes internationales. Il est de bon ton aujourd’hui de vitupérer les D.S.M. Mais on ne remarque pas que c’est en vain qu’on chercherait les mots “Automatisme Mental“ dans la C.I.M. 10, même dans sa version complète. Pourquoi un tel oubli alors que la pratique quotidienne en psychiatrie nous convoque inévitablement devant ce syndrome ? Ces trois conférences pourraient nous aider à en saisir quelque chose.

             Lors de la première séance nous reprendrons les points essentiels de la doctrine clérambaldienne, nous lirons quelques morceaux choisis et les commenterons. Les concepts clérambaldiens sont bien plus facile à aborder dans le texte même de leur auteur que dans ceux de ses vulgarisateurs qui souvent reprennent son vocabulaire riche et précis comme s’il désignait naturellement des choses qui n’avaient pas à ce titre à être davantage explicitées. Ce que pourtant lui-même avait fait.

            Le point de vue clérambaldien est davantage nosologique que nosographique. Ses leçons cliniques apportent cependant les rares éléments pertinents qui permettent de repérer les lignes de partage (ou d‘entremêlement) entre le champ des paranoïas et de celui des schizophrénies. On comprend mieux à le lire la remarque de Lacan, qui fut son élève, lorsque celui-ci disait : « il n’y a pas d’entité nosographique ».

            Enfin, quelques remarques de Clérambault portent sur ce que les analystes nomment le transfert, que lui-même n’avait pourtant pas repéré comme tel. Nous en tirerons quelques conséquences sur la conduite d’un entretien avec un patient quand celui-ci est le siège d’un automatisme mental. Nous verrons à cette occasion que les hallucinations peuvent sembler remplir la fonction de signal que Freud avait attribuée à l’angoisse chez le névrosé.

             Notre seconde séance sera mise à profit pour approfondir ce que Clérambault nomme “désappropriation“ ou “non annexion“  au Moi. Freud lui même avait rencontré l’Automatisme Mental et c’est, comme il le dit, cette rencontre qui est à l’origine de son article sur « la décomposition de la personnalité psychique » avec l’émergence de son idée d’un Sur-Moi.

            Clérambault, en introduisant l’usage du concept médical de “syndrome“ nous sort d’une logique qui lie simplement un symptôme à une cause. Un syndrome, ce sont plusieurs symptômes qui courent ensemble et semblent liés. Clérambault fait ainsi porter la question sur une fonction complexe, avec sa physiologie et sa physiopathologie.

            En effet, quelque soit la cause qui vienne perturber la fonction, quel dysfonctionnement pouvons nous nous représenter qui permettrait d’expliquer qu’un de nos semblables ne se reconnaisse pas dans la source de ce qui l’anime au point de la considérer comme étrangère à lui-même ? Que cette source soit celle de sa propre pensée, de ses mouvements affectifs, voire de ce qui oriente son attention ou sa motricité.

            Le rappel de quelques éléments de la philosophie classique nous permettra de reprendre la façon dont a pu être posé, dans un champ qui n’était pas instruit par la clinique, le rapport des êtres humains avec la source de leur pensée. Descartes la nommait la “Res Cogitans“ (la chose qui pense). Par quel miracle la plupart d’entre-nous en arrivent-ils a identifier cette “Res Cogitans“ à ce qu’ils désignent par “Je“. Serait-ce par le biais de ce que Kant a nommé une Illusion inévitable ?

            Nous aurons alors à reprendre ce que nous appelons une illusion par un rappel du schéma optique de Bouasse tel que l’a repris Lacan et par les propositions curieusement contradictoires de Freud et de Lacan sur l’illusion qui peut être celle de l’enfant au sein.

             La troisième séance restera pour le moment sans contenu précis de sorte que nous pourrons la consacrer aux questions que les participants auront eu la générosité d’apporter au terme des deux premières. Nous pourrons ainsi tenter d’approfondir ce qui se sera révélé comme les points d’intérêt ou d’étonnement, encore aujourd’hui, autour de l’Automatisme mental.

 Jean-Marc Faucher 

               La participation à ce cycle de conférences est gratuite mais l’inscription est obligatoire auprès de M. Dominique Bernier : dominique.bernier@ch-niort.fr en indiquant nom, prénom, adresse électronique et téléphone.

            Pour la première séance, Alain Harly assurera la présidence, et le Dr. Steve Lafaurie aura la fonction de discutant.

 


Ernst

Passions maternelles
21 mars 2015
 La Rochelle

Textes des interventions de:

M.C Forest
Les avatars de la fonction paternelle, Mommy de X Dolan:

E Gavel-Marcouillier
On tue un enfant

C Lemaire
Si on vous promet la lune...
regardez le doigt

A Voisinne
Quel cirque cette institution !



Retour et Réflexions sur la
Réunion des cartels 2015

Notre réunion des cartels a eu lieu le 24 janvier dernier et, bien que le nombre des participants ait été très restreint, je tenais à vous faire part de la qualité de ce qui a pu être dit et qui a pu se partager au risque de la psychanalyse.

Nous avons pu y entendre les avancées du cartel de Limoges « autour de la voix » et leurs effets dans la clinique, nous avons pu entendre, pour le cartel de Poitiers (« lecteurs des Ecrits ») à propos du comment y mettre du sien pour que quelque chose se noue avec l’Autre dans une lecture en commun, une lecture partageable laissant chacun libre de son propre cheminement.

Je me suis trouvée dans l’embarras pour, à nouveau, parler de ce travail spécifique proposé par Lacan car la préparation de cette réunion a réveillé en moi un intérêt très vif pour cette proposition qui nous permet, comme je l’ai entendu ce jour-là, de « transmettre ce que l’on ne sait pas qu’on sait » à la condition d’une adresse possible. Car « il ne suffit pas d’entendre pour qu’un cri devienne appel » et il nous revient de faire face à l’énigme.

Oui, cette proposition nous agrée pour que quelque chose de l’invention de Freud puisse se transmettre, à partir de notre singularité et de notre transfert de travail avec Lacan se redoublant du transfert de Lacan à Freud.

Le point de départ de ma réflexion a été la lecture de l’Editorial d’Espace Analytique écrit par Giselle Chaboudez et les questions qu’elle a suscitées. Il m’a semblé important de revenir sur les effets d’une nomination et sur les points qui vont la déterminer. Pour le choix du mot « cartel » Lacan n’est pas parti de l’étymologie « cartello », mais de son inspiration inconsciente avec l’affirmation du signifiant « cardo », introduisant l’équivoque du nécessaire « gond » pour ouvrir la porte à la béance de l’inconscient.

Chemin faisant avec Lacan, son séminaire « l’insu que sait de l’une bévue s’aile à Mourre » m’a ramenée à l’identification et à son séminaire éponyme de 1961-1962 où elle est envisagée comme identification de signifiants, le signifiant pensé au croisement de la parole et du langage avec la possibilité de distinguer ce qu’il en serait d’une énonciation et d’un énoncé. Pour chacun, l’énonciation élide le nom de ce que nous sommes comme sujet de notre dire, où nous sommes irrémédiablement divisé entre notre désir et notre idéal. C’est à ce moment que Lacan va nous proposer un objet topologique : le tore, tore qu’il utilisera une nouvelle fois dans ses dernières élaborations concernant le nouage borroméen. Je vous recommande l’article sur l’identification de Claude Dorgeuille dans le dictionnaire de la psychanalyse sous la direction de Roland Chemama et Bernard Vandermersch.

Lacan, en 1976, reprend le point vif de l’identification dans son séminaire « l’Insu » avec la tentative de pouvoir désigner de façon homologue les trois identifications apportées par Freud.

En effet, participer à un cartel implique une identification au groupe et nous fait revisiter, à notre insu, la fonction torique du Nœud Borroméen grâce à la position d’extériorité du 4ème dans ce dispositif avec une fonction attribuée au « + 1 », celle de faciliter l’énonciation d’un dire adressé qui vienne faire acte pour le sujet divisé.

Pour le cartel, Gisèle Chaboudez parle de cellule élémentaire. Nous pouvons faire une équivalence avec ce que Lacan appelle groupe fondamental dans son séminaire « l’Insu ». En effet, le cartel est une proposition où il s’agit de faire un nouveau nœud car c’est à  partir de cette tresse à 3+1, que peut se former un nœud ayant une structure torique, avec un trou central qui ouvre au désir. Je pense que c’est à partir de cette hypothèse que Lacan avait envisagé le travail en cartel au sein de son école. Quelle est la fonction d’un groupe fondamental ? Lacan nous dit qu’il permet le repérage de trajets qui eux-mêmes nous permettent de repérer la constance de 4 trous, constitués par ces trajets.

La structure du cartel est équivalente à celle du sinthome mais la fonction est différente, pour le premier il s’agit d’établir un transfert de travail par une identification au groupe, au service de la transmission de la psychanalyse et de notre praxis. Pour le second il s’agit de produire pour exister, un savoir-faire pour savoir y faire avec l’inconscient, avec le Symbolique au principe de faire impliquant un dire. Il s’agit pour tous deux, d’un nœud de langage.

Gisèle Chaboudez, dans son éditorial, et je vais la citer, nous parle du dénouage du cartel au moment où le +1  - qui est la consistance réelle qui fait tenir la chaîne - disparaît. Le nœud à trois était au principe de l’existence d’une unité qui a besoin de tous, de façon équivalente, ils sont tous équivalents quoique différents et ont besoin de tous pour tenir ensemble. Mais avec le chiffre proposé par Lacan pour le cartel, 3+1 ou 5+1 le cartel est une chaîne et au bout de la chaîne un élément distinct boucle et tient l’ensemble. Donc le cartel n’existe plus si celui qui les fait tenir ensemble s’en va. Il s’agit donc d’une alliance pour une action commune, durant un temps nécessaire pour que cela produise quelque chose. Cela produit d’abord une identification : ce groupe ainsi créé, avec ce mode de lien, constitue un Autre réel selon les trois points d’identification freudiens.

Elle déplie ensuite ces trois identifications : « Par exemple, au point central que constitue l’objet, celui qui a causé le désir de cette assemblage en somme, et il y a là une identification au désir de cet Autre, s’adressant à son imaginaire. L’identification peut se faire aussi à un point symbolique où le groupe se reconnaît un trait unaire, qui peut être bien sûr le signifiant du thème abordé. Elle peut aussi se faire au réel de ce groupe avec ce qui fait pour lui Nom-du-Père. C’est par cette identification éphémère à un Autre réel que peut se produire un effet de savoir ». 

Pour autant, cela ne veut pas dire que le cartel se dénouera pour cette unique raison. Nous pouvons penser qu’il se dénouera dès qu’une personne se retirera du groupe. En effet, le cartel peut s’envisager comme une quatresse qui solidarise trois cercles formant un nœud Borroméen. Lacan situe ce nouage, cette quatresse, comme une représentation du Réel « en ceci que c’est ici que nous pouvons appréhender l’Imaginaire, le symptôme et le Symbolique (à penser ici en tant que signifiant), le signifié étant un symptôme et le corps l’Imaginaire différent du signifié. C’est une façon de faire chaîne ». Le cartel, constitué selon ce principe, ouvre aux rencontres, aux réponses possibles à nos questions. Mais ce nouage n’est possible qu’à partir de trois, ce trois, précise Lacan, étant une réponse de l’inconscient à « il n’y a pas de rapport sexuel » et c’est bien la présence du rond supplémentaire, tant pour le cartel que pour le sinthome,  qui fera tenir ces trois de façon borroméenne, Lacan identifiant cette fonction à celle du Nom-du-Père. Ce nœud ne peut commencer qu’à trois et le cartel est dans l’héritage de ce fait, c’est la raison pour laquelle je disais que si l’un des trois se retire, le cartel s’arrêtera de fait, ne permettant plus « la révélation d’un mouvement par lequel l’existence a commencé et qui est toujours commençant » comme Alain Didier-Weill en fait l’hypothèse dans « Un mystère plus lointain que l’inconscient ». Le 4ème n’aura plus sa raison d’être, à savoir tenir les trois ensemble. Ce qui nous permet de dire qu’il y a une double nécessité pour qu’un cartel devienne un opérateur : il y faut au moins trois et il y faut un quatrième pour les faire tenir ensemble grâce à une identification produite au sein d’un transfert de travail.

En effet, Lacan affirme que c’est par le transfert - qu’il propose comme l’un des quatre concepts de la psychanalyse – que peut se transmettre d’un sujet à un autre l’enseignement de la psychanalyse. Dans ses dernières élaborations il tente d’inventer une logique autre pour  y situer la spécificité de la psychanalyse.

Dans son acte de fondation, Lacan nomme son Ecole : l’Ecole Freudienne de Paris. Il donne également le nom de cartel à un de ses propositions de travail où il s’agit de mettre en place une action commune dans un petit groupe ponctuel où chacun doit exister en son nom propre, lié et séparé. C’est le cardo, c’est à dire le cartel qui nous ouvre à l’action de carder, de faire en sorte que les fils soient séparés pour se lier de la bonne façon, comme le disait Lacan.

Lors de notre réunion, j’avais pensé resituer le contexte de sa proposition et donner un aperçu historique et politique, ce que je n’ai pas fait et que je vous propose aujourd’hui. En effet, l’acte de fondation de son Ecole a été une réponse de Lacan à la censure : celle de ne plus être autorisé à enseigner et donc à transmettre. Il s’agissait d’une atteinte à sa praxis, « cette action concertée par l’homme qui le met en mesure de traiter le Réel par le Symbolique » (les quatre concepts de la psychanalyse).

Je vous propose un bref historique pour resituer le cartel :

 

-          Radiation de la liste des didacticiens de l’IPA (1963)

-          unique leçon, en 1963 : « introduction du séminaire les Noms-du-Père, que Lacan ne poursuit pas, percevant l’impossibilité des psychanalystes à entendre, ce qui, pour lui, est au cœur de l’invention freudienne.

-          Séminaire Les quatre concepts de la psychanalyse (1963-64), qu’il ouvre par : « ce qui origine la psychanalyse c’est le désir de Freud, dans le champs de l’expérience de ce qu’il va nommer Inconscient, la porte d’entrée ». Et comme vous le savez, pour ouvrir une porte, il y faut un gond, notre fameux cardo.

-          En 1964, il fonde l’EFP (l’Ecole Freudienne de Paris)

-          Dix ans plus tard, Lacan revient sur les Noms-du-Père avec l’équivocité signifiante « les nons-dupes errent » dans le titre de son séminaire.

-          Séminaire RSI (1974/1975). Il fait du Nom-du-Père ce qui fait tenir le nouage et permet l’identification réelle de l’Autre Réel. Dans la leçon du 15 avril, il parle du cartel avec son souhait d’identification au groupe où il dit que l’identification c’est le point de départ de tout nœud social, et que, pour le cartel c’est l’identification au point où « a » est écrit dans le nœud borroméen, qui est le point où manque le savoir (le trou dans le Symbolique), là où se situe le désir.

-          Séminaire le « Sinthome »(1975/1976), puis « L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à Mourre » (1976/1977). En 1977/1978, «Le moment de conclure » Et pour finir : « la topologie et le temps » (1978/1979).

Lacan nous précise qu’il parle d’une place d’analysant dans ses séminaires et qu’il souhaite que son école soit une école d’analysants. Il pense qu’en s’inscrivant dans un cartel chacun va pouvoir mettre en question, à son insu, ce qu’il y a de plus Réel en lui-même, par le dire qui est un acte rendant les énonciations possibles et pourra ainsi se faire passeur de la psychanalyse.

Nous avons à accepter ce lieu d’épreuve de la formation analytique. Le savoir dans un cartel se partage, il ne s’échange pas et permet la production d’un nouveau savoir grâce au « +1 », cette présence supplémentaire qui soutient le désir de l’Autre.  Lacan pense que la transmission de la psychanalyse ne peut se faire que par les seules voies de ce transfert de travail avec une transmission d’un sujet à un autre, d’où sa proposition. Il s’agit d’une expérience dialectique de discours. Le cartel est une organisation circulaire, ça tourne autour, à l’instar de la pulsion.

Je relève cette phrase de Lacan lors des journées de réflexion sur les cartels qu’il avait initiées en 1975 : « Il n’y a aucune espèce de véritable réalisation du cartel. Le cartel, c’est ce qui participe du maintien du trou de l’inconscient. Il s’agit que chacun s’imagine être responsable du groupe, à avoir comme tel à en répondre. Nous avons à imaginer et pas à tort, que chacun tient le groupe mais il s’agit de montrer à quel point c’est Réel ». Sa phrase même est un nouage qui nous permet d’entendre ce sur quoi Lacan insiste, à savoir,  le cartel en tant qu’opérateur d’une fonction.

 

Pour conclure, il s’agit bien de « reployer » notre praxis, je reprends ici un signifiant de Lacan (leçon du 18 janvier 1977) que je trouve judicieux. Voilà le travail que nous avons à accomplir dans une Ecole de psychanalyse si nous voulons que la psychanalyse reste vivante et produise des effets. Pour cela, il nous faut travailler avec assiduité et continuer à insister avec nos embarras, en tant qu’épreuves nécessaires d’un certain type de travail à accomplir qui exige un engagement se concrétisant par des liens à construire à l’intérieur et à l’extérieur de l’Ecole.

 

Lacan se pose et nous pose cette question : comment pouvons nous manipuler quelque chose de réel dans un espace à trois dimensions ? Non sans y répondre pour lui-même par ce « jaspinage qui lui force la main sur cette soupesée de l’espace comme tel » (RSI, leçon du 14 janvier 1975). Jaspinons donc !

 
Marie-Christine Salomon-Clisson

21 février 2015

 




Ceret
Céret 2016
L'artiste entre réel et représentation.

FBH


* Frank Burty Haviland ( Limoges 1886 - Céret 1972 ) Artiste peintre cubiste. Arrivé à Céret en 1909 avec son ami Manolo, il s'y installa. Il y fit venir ses amis peintres: Picasso, Braque, Soutine, etc.. En 1950, avec Pierre Brune, il fonda le Musée d'Art Moderne de Céret.

ligne
Images
 (travail en cours)

Après plusieurs mois de  réflexion du groupe " Art//Psychanalyse " autour des thèmes des idoles et des icônes, il est apparu indispensable de tenter de préciser et de spécifier les différents aspects des images artistiques que nous avions rencontrés. Cette année mais aussi les années précédentes. Et ceci d'autant plus que l'art contemporain, s'interrogeant sur les constituants d'une oeuvre d'art: auteur, concept, support, matière, lieu, vient interroger et brouiller ces divers aspects. Une première tentative d'exposition sous la forme d'une "mind map", carte de bulles nommées avec flèches d'interconnexions, s'est révélée illisible du trop grand nombre de flèches significatives.  Une seconde sous forme de tableau croisé s'est de même révélée inopérante, les interrelations y étant plus que bidimensionnelles. Il restait la solution classique de l'énumération, quitte au fur et à mesure de celle-ci de préciser les diverses définitions de chaque élément ainsi que ses relations. Ce qui est d'ailleurs l'avantage de ce type de présentation: elle laisse libre cours aux associations et aux précisisions...

Ajoutons ici et d'emblée notre étonnement: dans tous les ouvrages pourtant nombreux consultés qu'ils soient dillustrations ou théoriques concernant lart, la peinture, l'esthétique, jamais nous  n'y avons rencontré, ou si rarement, l'allusion d'un rapprochement possible avec ce dont pourtant tout un chacun est porteur, à savoir nos images mentales, celles des rêves, des fantasmes ou des souvenirs, hormis quelques ouvrages psychanalytiques. Il y aura lieu de s'en interroger.

On commencera  par la liste qu'il nous est apparu au travers de nos reflexions. Et nous en ferons ensuite la reprise détaillée, selon ce qu'il nous aura été donné de découvrir au fur et à mesure de notre groupe de travail depuis quelques temps. D'abord la liste:

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