entete
Accueil
S'inscrire à
la lettre de l'Epco

Agenda
Enseignements
Bibliothèque
L'Ecole Psychanalytique
du Centre-Ouest
L'Association Lacanienne
Internationale
Publications
Liens Divers
Espace Membres
ligner

Des membres de l'Epco ont participé

Celibataire
Parution de
la revue La Célibataire
intitulé  « Une journée entière avec James Joyce » coordonné par A.Harly.
Ce numéro est construit à partir des journées organisées par l’ EPCO en mars 2013 , et d’autres contributions


 
Aux éditions de l'Epco
Du Trinitaire en ses nouages
Sous la direction d'Alain Harly
Trinitaired

P-C Cathelineau, V Ciomos, M Darmon, A Fouquet Guillot, H Frignet, N Hamad, A Harly, C Imbert, H Lazar, J.J Lepitre, P Magnard, C Melman, M Milhau, H Ricard, M Robin, C Savinaud
Comme par hasard
Sous la direction d'Alain Harly
commepar 
A Harly, J-L Chassaing, P Arel, J Brini, H Cesbron Lavau, A Cardon, A Fouquet Guillot, H Sugier, J-L Villessuzanne, M Robin, C Lacôte, A-A Houbballah, B Vandermersch, J-J Lepitre, S Thibierge,

Aux Editions de l'ALI
Variations sur la jouissance musicale
Sous la direction d'Alain Harly
variations

C Dorgeuille, J-J Duparc, J-J Lepitre, M Robin, M Levinas, E Sprogis, M-G Dorgeuille, M-C Salomon Clisson, F Nicolas, H Ricard, F Dachet, O Douville, V Hasenbalg Corabianu, M Morali, C Pont, J-M Vives, J-J Rassial, L Petit, M-C Cadeau

Aux Editions ERES
  Désir et responsabilité de l'analyste

Sous la direction de Jean-Pierre Lebrun
Desir et responsabilité

P Belot Fourcade, M Bergès Bounes, J-L Cacciali, J-L Chassaing, R Chemama, C Dubois, M-C  Forest, J-M Forget, E Gavel Marcouiller, J-P Hiltenbran, A Joos, C Josso Faurite, M Lerude, J Marchioni Eppe, S Mendelsohn, M Morali, A Oldenhove Calberg, R Pirard, T Roth, J-L de Saint Just, L Sciara, J-J Tyszler.


Publication de l’ouvrage sous la direction de  Claude Savinaud : Le propre de l’ humain, ed. l’ Harmattan, 2013.
Journées Joyce , Monique Dorsel

Le 23 Mars 2013 nous avons eu la chance d'entendre l'interprétation du monologue de Molly Bloom par Monique Dorsel. Avec son accord nous en diffusons l'enregistrement.
monique dorsel

Ecouter
Cliquer pour écouter, clic droit enregistrer

Conférence-débat  le  samedi 11 Avril 2015 à 14 heures 30

à la salle de conférence du Centre Hospitalier Henri Laborit à Poitiers.

Les familles recomposées

Chantal Gaborit-Stern

 Discutantes: Mme Anne VERRIER, Juge aux affaires matrimoniales
Mme Rima TRABOULSI, psychanalyste, membre de l’ALI et de l’Epco

 Argument:

             Il me semble que cette question de familles recomposées relève pour nous d'une clinique très actuelle. En effet, que ce soit dans notre pratique d’analyste avec des enfants, avec nos patients adultes, ou encore que ce soit dans notre vie personnelle ou sociale, personne n’échappe aux questionnements soulevés par cette réalité .

             En effet, la recomposition d’une famille implique aussi une décomposition avec un remaniement des places subjectives pour chacun.

            Pour les enfants, cela implique aussi une nouvelle écriture quant à l’énigme du désir de la mère, et de chacun de leur parent.

Ils se trouvent donc confrontés à la réactualisation de la question  du désir qui les a amenés sur la scène du monde. Avec cette question : je croyais que ma naissance découlait de leur amour mais puisqu’ils se séparent, alors de quel désir suis-je issu ?

Cela vient réactiver pour eux toutes les questions liées à l'identification.

 Je m'attacherai plus particulièrement à la question des enfants qui sont adolescents ou jeunes adultes lors du divorce de leurs parents. Comment peuvent-ils intégrer cette rupture au moment où ils sont sollicités à mettre en oeuvre pour eux-mêmes ce projet de faire couple ? Comment peuvent-ils y croire ?

            Et j'essaierai de montrer comment, au-delà des discours éducatifs ou sociologiques, nous pouvons  avoir un abord psychanalytique de ces questions.

          Et particulièrement de ce fait clinique : pourquoi une si grande différence de réaction des enfants selon qu'il s'agisse du nouveau couple de leur mère ou du nouveau couple de leur père ?

Une lecture oedipienne arriverait là comme une évidence tant elle contribue à une certaine lecture en symétrie. Pourtant, j'ai essayé de voir si nous pouvions attrapper ces questions autrement. Et plus précisément avec les concepts d'objet  et de signifiant qui me semblent plus éclairant dans notre actualité concernant les familles recomposées et les familles homoparentales.

             Pourquoi, dans ces moments de divorce de leurs parents, certains enfants se saississent-ils de la situation  pour modifier ce qui pour eux, dans l'enfance, avait pu rester en impasse ? Comme si, dans ce remaniement familial, ils percevaient plus ou moins consciemment la chance pour eux d'un nouveau positionnement. Alors que d'autres ne peuvent que s'installer dans une résistance passive, ou parfois très active.

             Nous essaierons d'entendre les enjeux de ces remaniements, de ces pertes d'identité, en n'oubliant pas que ces questions sont d'abord à lire dans notre rapport au langage.

                                                                                  Chantal Gaborit-Stern



Retour et Réflexions sur la
Réunion des cartels 2015

Notre réunion des cartels a eu lieu le 24 janvier dernier et, bien que le nombre des participants ait été très restreint, je tenais à vous faire part de la qualité de ce qui a pu être dit et qui a pu se partager au risque de la psychanalyse.

Nous avons pu y entendre les avancées du cartel de Limoges « autour de la voix » et leurs effets dans la clinique, nous avons pu entendre, pour le cartel de Poitiers (« lecteurs des Ecrits ») à propos du comment y mettre du sien pour que quelque chose se noue avec l’Autre dans une lecture en commun, une lecture partageable laissant chacun libre de son propre cheminement.

Je me suis trouvée dans l’embarras pour, à nouveau, parler de ce travail spécifique proposé par Lacan car la préparation de cette réunion a réveillé en moi un intérêt très vif pour cette proposition qui nous permet, comme je l’ai entendu ce jour-là, de « transmettre ce que l’on ne sait pas qu’on sait » à la condition d’une adresse possible. Car « il ne suffit pas d’entendre pour qu’un cri devienne appel » et il nous revient de faire face à l’énigme.

Oui, cette proposition nous agrée pour que quelque chose de l’invention de Freud puisse se transmettre, à partir de notre singularité et de notre transfert de travail avec Lacan se redoublant du transfert de Lacan à Freud.

Le point de départ de ma réflexion a été la lecture de l’Editorial d’Espace Analytique écrit par Giselle Chaboudez et les questions qu’elle a suscitées. Il m’a semblé important de revenir sur les effets d’une nomination et sur les points qui vont la déterminer. Pour le choix du mot « cartel » Lacan n’est pas parti de l’étymologie « cartello », mais de son inspiration inconsciente avec l’affirmation du signifiant « cardo », introduisant l’équivoque du nécessaire « gond » pour ouvrir la porte à la béance de l’inconscient.

Chemin faisant avec Lacan, son séminaire « l’insu que sait de l’une bévue s’aile à Mourre » m’a ramenée à l’identification et à son séminaire éponyme de 1961-1962 où elle est envisagée comme identification de signifiants, le signifiant pensé au croisement de la parole et du langage avec la possibilité de distinguer ce qu’il en serait d’une énonciation et d’un énoncé. Pour chacun, l’énonciation élide le nom de ce que nous sommes comme sujet de notre dire, où nous sommes irrémédiablement divisé entre notre désir et notre idéal. C’est à ce moment que Lacan va nous proposer un objet topologique : le tore, tore qu’il utilisera une nouvelle fois dans ses dernières élaborations concernant le nouage borroméen. Je vous recommande l’article sur l’identification de Claude Dorgeuille dans le dictionnaire de la psychanalyse sous la direction de Roland Chemama et Bernard Vandermersch.

Lacan, en 1976, reprend le point vif de l’identification dans son séminaire « l’Insu » avec la tentative de pouvoir désigner de façon homologue les trois identifications apportées par Freud.

En effet, participer à un cartel implique une identification au groupe et nous fait revisiter, à notre insu, la fonction torique du Nœud Borroméen grâce à la position d’extériorité du 4ème dans ce dispositif avec une fonction attribuée au « + 1 », celle de faciliter l’énonciation d’un dire adressé qui vienne faire acte pour le sujet divisé.

Pour le cartel, Gisèle Chaboudez parle de cellule élémentaire. Nous pouvons faire une équivalence avec ce que Lacan appelle groupe fondamental dans son séminaire « l’Insu ». En effet, le cartel est une proposition où il s’agit de faire un nouveau nœud car c’est à  partir de cette tresse à 3+1, que peut se former un nœud ayant une structure torique, avec un trou central qui ouvre au désir. Je pense que c’est à partir de cette hypothèse que Lacan avait envisagé le travail en cartel au sein de son école. Quelle est la fonction d’un groupe fondamental ? Lacan nous dit qu’il permet le repérage de trajets qui eux-mêmes nous permettent de repérer la constance de 4 trous, constitués par ces trajets.

La structure du cartel est équivalente à celle du sinthome mais la fonction est différente, pour le premier il s’agit d’établir un transfert de travail par une identification au groupe, au service de la transmission de la psychanalyse et de notre praxis. Pour le second il s’agit de produire pour exister, un savoir-faire pour savoir y faire avec l’inconscient, avec le Symbolique au principe de faire impliquant un dire. Il s’agit pour tous deux, d’un nœud de langage.

Gisèle Chaboudez, dans son éditorial, et je vais la citer, nous parle du dénouage du cartel au moment où le +1  - qui est la consistance réelle qui fait tenir la chaîne - disparaît. Le nœud à trois était au principe de l’existence d’une unité qui a besoin de tous, de façon équivalente, ils sont tous équivalents quoique différents et ont besoin de tous pour tenir ensemble. Mais avec le chiffre proposé par Lacan pour le cartel, 3+1 ou 5+1 le cartel est une chaîne et au bout de la chaîne un élément distinct boucle et tient l’ensemble. Donc le cartel n’existe plus si celui qui les fait tenir ensemble s’en va. Il s’agit donc d’une alliance pour une action commune, durant un temps nécessaire pour que cela produise quelque chose. Cela produit d’abord une identification : ce groupe ainsi créé, avec ce mode de lien, constitue un Autre réel selon les trois points d’identification freudiens.

Elle déplie ensuite ces trois identifications : « Par exemple, au point central que constitue l’objet, celui qui a causé le désir de cette assemblage en somme, et il y a là une identification au désir de cet Autre, s’adressant à son imaginaire. L’identification peut se faire aussi à un point symbolique où le groupe se reconnaît un trait unaire, qui peut être bien sûr le signifiant du thème abordé. Elle peut aussi se faire au réel de ce groupe avec ce qui fait pour lui Nom-du-Père. C’est par cette identification éphémère à un Autre réel que peut se produire un effet de savoir ». 

Pour autant, cela ne veut pas dire que le cartel se dénouera pour cette unique raison. Nous pouvons penser qu’il se dénouera dès qu’une personne se retirera du groupe. En effet, le cartel peut s’envisager comme une quatresse qui solidarise trois cercles formant un nœud Borroméen. Lacan situe ce nouage, cette quatresse, comme une représentation du Réel « en ceci que c’est ici que nous pouvons appréhender l’Imaginaire, le symptôme et le Symbolique (à penser ici en tant que signifiant), le signifié étant un symptôme et le corps l’Imaginaire différent du signifié. C’est une façon de faire chaîne ». Le cartel, constitué selon ce principe, ouvre aux rencontres, aux réponses possibles à nos questions. Mais ce nouage n’est possible qu’à partir de trois, ce trois, précise Lacan, étant une réponse de l’inconscient à « il n’y a pas de rapport sexuel » et c’est bien la présence du rond supplémentaire, tant pour le cartel que pour le sinthome,  qui fera tenir ces trois de façon borroméenne, Lacan identifiant cette fonction à celle du Nom-du-Père. Ce nœud ne peut commencer qu’à trois et le cartel est dans l’héritage de ce fait, c’est la raison pour laquelle je disais que si l’un des trois se retire, le cartel s’arrêtera de fait, ne permettant plus « la révélation d’un mouvement par lequel l’existence a commencé et qui est toujours commençant » comme Alain Didier-Weill en fait l’hypothèse dans « Un mystère plus lointain que l’inconscient ». Le 4ème n’aura plus sa raison d’être, à savoir tenir les trois ensemble. Ce qui nous permet de dire qu’il y a une double nécessité pour qu’un cartel devienne un opérateur : il y faut au moins trois et il y faut un quatrième pour les faire tenir ensemble grâce à une identification produite au sein d’un transfert de travail.

En effet, Lacan affirme que c’est par le transfert - qu’il propose comme l’un des quatre concepts de la psychanalyse – que peut se transmettre d’un sujet à un autre l’enseignement de la psychanalyse. Dans ses dernières élaborations il tente d’inventer une logique autre pour  y situer la spécificité de la psychanalyse.

Dans son acte de fondation, Lacan nomme son Ecole : l’Ecole Freudienne de Paris. Il donne également le nom de cartel à un de ses propositions de travail où il s’agit de mettre en place une action commune dans un petit groupe ponctuel où chacun doit exister en son nom propre, lié et séparé. C’est le cardo, c’est à dire le cartel qui nous ouvre à l’action de carder, de faire en sorte que les fils soient séparés pour se lier de la bonne façon, comme le disait Lacan.

Lors de notre réunion, j’avais pensé resituer le contexte de sa proposition et donner un aperçu historique et politique, ce que je n’ai pas fait et que je vous propose aujourd’hui. En effet, l’acte de fondation de son Ecole a été une réponse de Lacan à la censure : celle de ne plus être autorisé à enseigner et donc à transmettre. Il s’agissait d’une atteinte à sa praxis, « cette action concertée par l’homme qui le met en mesure de traiter le Réel par le Symbolique » (les quatre concepts de la psychanalyse).

Je vous propose un bref historique pour resituer le cartel :

 

-          Radiation de la liste des didacticiens de l’IPA (1963)

-          unique leçon, en 1963 : « introduction du séminaire les Noms-du-Père, que Lacan ne poursuit pas, percevant l’impossibilité des psychanalystes à entendre, ce qui, pour lui, est au cœur de l’invention freudienne.

-          Séminaire Les quatre concepts de la psychanalyse (1963-64), qu’il ouvre par : « ce qui origine la psychanalyse c’est le désir de Freud, dans le champs de l’expérience de ce qu’il va nommer Inconscient, la porte d’entrée ». Et comme vous le savez, pour ouvrir une porte, il y faut un gond, notre fameux cardo.

-          En 1964, il fonde l’EFP (l’Ecole Freudienne de Paris)

-          Dix ans plus tard, Lacan revient sur les Noms-du-Père avec l’équivocité signifiante « les nons-dupes errent » dans le titre de son séminaire.

-          Séminaire RSI (1974/1975). Il fait du Nom-du-Père ce qui fait tenir le nouage et permet l’identification réelle de l’Autre Réel. Dans la leçon du 15 avril, il parle du cartel avec son souhait d’identification au groupe où il dit que l’identification c’est le point de départ de tout nœud social, et que, pour le cartel c’est l’identification au point où « a » est écrit dans le nœud borroméen, qui est le point où manque le savoir (le trou dans le Symbolique), là où se situe le désir.

-          Séminaire le « Sinthome »(1975/1976), puis « L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à Mourre » (1976/1977). En 1977/1978, «Le moment de conclure » Et pour finir : « la topologie et le temps » (1978/1979).

Lacan nous précise qu’il parle d’une place d’analysant dans ses séminaires et qu’il souhaite que son école soit une école d’analysants. Il pense qu’en s’inscrivant dans un cartel chacun va pouvoir mettre en question, à son insu, ce qu’il y a de plus Réel en lui-même, par le dire qui est un acte rendant les énonciations possibles et pourra ainsi se faire passeur de la psychanalyse.

Nous avons à accepter ce lieu d’épreuve de la formation analytique. Le savoir dans un cartel se partage, il ne s’échange pas et permet la production d’un nouveau savoir grâce au « +1 », cette présence supplémentaire qui soutient le désir de l’Autre.  Lacan pense que la transmission de la psychanalyse ne peut se faire que par les seules voies de ce transfert de travail avec une transmission d’un sujet à un autre, d’où sa proposition. Il s’agit d’une expérience dialectique de discours. Le cartel est une organisation circulaire, ça tourne autour, à l’instar de la pulsion.

Je relève cette phrase de Lacan lors des journées de réflexion sur les cartels qu’il avait initiées en 1975 : « Il n’y a aucune espèce de véritable réalisation du cartel. Le cartel, c’est ce qui participe du maintien du trou de l’inconscient. Il s’agit que chacun s’imagine être responsable du groupe, à avoir comme tel à en répondre. Nous avons à imaginer et pas à tort, que chacun tient le groupe mais il s’agit de montrer à quel point c’est Réel ». Sa phrase même est un nouage qui nous permet d’entendre ce sur quoi Lacan insiste, à savoir,  le cartel en tant qu’opérateur d’une fonction.

 

Pour conclure, il s’agit bien de « reployer » notre praxis, je reprends ici un signifiant de Lacan (leçon du 18 janvier 1977) que je trouve judicieux. Voilà le travail que nous avons à accomplir dans une Ecole de psychanalyse si nous voulons que la psychanalyse reste vivante et produise des effets. Pour cela, il nous faut travailler avec assiduité et continuer à insister avec nos embarras, en tant qu’épreuves nécessaires d’un certain type de travail à accomplir qui exige un engagement se concrétisant par des liens à construire à l’intérieur et à l’extérieur de l’Ecole.

 

Lacan se pose et nous pose cette question : comment pouvons nous manipuler quelque chose de réel dans un espace à trois dimensions ? Non sans y répondre pour lui-même par ce « jaspinage qui lui force la main sur cette soupesée de l’espace comme tel » (RSI, leçon du 14 janvier 1975). Jaspinons donc !

 
Marie-Christine Salomon-Clisson

21 février 2015

 

Charlie
Charlie

Musulmans = Juifs = Chrétiens = Athées.

Nous sommes différents. Nous sommes ensemble. Nous sommes français. Nous sommes humains.

 
Il n'y a pas d'Un. Cette illusion qui rassemblerait autour d'elle dans le rejet de la différence. Chacun a sa singularité, chacun sa différence, c'est le propre de l'humain. Illusion du Un, et quel que soit le nom qu'on lui donne, divin, idéologique, politique, etc. Ce Un qui rejette l'autre. Ce n'est pas un fait religieux. Ce que proposent les religions, et toute idéologie humaine digne de ce nom, laïque ou pas, c'est une transcendance, un idéal, au delà de la contingence matérielle de chacun, un espoir.

Tout être humain a inscrit en lui cette nécessité d'idéal. Etre attentifs à ne pas la laisser être travestie des oripeaux de ce Un totalitaire, que les déguisements en soient laïcs ou religieux, politiques ou marchands.

Un = pensée unique, visage unique, vérité unique...

Onze Janvier. La force et l'éclat de ce formidable rassemblement est l'affirmation d'un être ensemble avec nos différences. Avec, pas malgré, pas au delà. Avec.

Et contre l'intolérance. Pour la liberté. Qu'on aime ou pas, qu'on ait aimé ou pas, qu’on soit d’accord ou pas, avec les dessins de Charlie, leur mérite restera de dresser l'humour contre l'intolérance, pour la liberté d'expression, même maladroitement.

Dix sept sont morts, dix sept de toutes les couleurs qui aujourd'hui composent notre arc en ciel: femmes, hommes, blancs, noirs, juifs, musulmans, athées, chrétiens, civils, policiers. Tous sont morts, assassinés par une haine aveugle née d'un embrigadement réducteur, d'un lavage de cerveau où une vérité Une ne peut pas en supporter d'autres. Fascisme.

L'expérience de la cure analytique, expérience justement éminemment singulière, nous apprend que c'est au creux même où chacun a son histoire originale, ses origines particulières, qu'il est marqué par un discours et des signifiants à nuls autres pareils, que s'éprouve l'humaine condition, celle de tout un chacun. Tous avons une histoire, des origines, tous sommes soumis aux signifiants, etc...  Tous différents. Tous semblables.

Etre attentifs. D'aucuns vont retrouver l'ornière. Les vérités uniques, les oppositions des différences, non leur acceptations.. Etre attentifs.

J.J.L 12/01/15


Ernst

Passions maternelles
21 mars 2015
 La Rochelle

Textes des interventions de:

M.C Forest
Les avatars de la fonction paternelle, Mommy de X Dolan:

E Gavel-Marcouillier
On tue un enfant

C Lemaire
Si on vous promet la lune...
regardez le doigt

A Voisinne
Quel cirque cette institution !



Catastrophe de l'A320 de Germanwings : Une réussite de la psychiatrie moderne?

Quatre jours après l'événement, les débuts de l'enquête semblent s'orienter vers l'hypothèse d'un passage à l'acte du copilote. Passage à l'acte probablement psychotique à connotation paranoïaque.  On a appris qu'il avait interrompu de longs mois sa formation de pilote pour "dépression" il y a quelques années, qu'il avait des consultations régulières probablement psychiatriques, qu'il suivait un traitement, et qu'il était le jour du crash en arrêt de travail pour raison médicale, ce qu'il a caché à son employeur, montrant par là qu'il voulait voler à tout prix. L'hypothèse du "suicide altruiste" a été avancée. Elle est cependant moins convaincante. Dans ce cas la personne suicidaire entraine avec elle dans la mort des proches, des gens aimés pour les protèger du malheur, qui lui apparaît plus terrible que la mort, et qui la pousse elle même au suicide. Ici, les passagers, les autres membres d'équipage lui étaient inconnus. La rectitude de la descente, la respiration régulière, l'absence de communication, d'expression ou de revendication laissent à penser à une détermination froide, une volonté de destruction, de soi, des autres. La déclaration révélée par une ancienne amie à qui il a déclaré qu'un jour on parlerait de lui pourrait aussi aller dans ce sens...

Si cet événement nous interpelle c'est qu'à nouveau il nous interroge sur la psychiatrie actuelle[i], ses modes de diagnostic et de suivi des patients. On sait que de nos jours le diagnostic psychiatrique ne résulte pas tant d'un entretien clinique approfondi comme il se pratiquait en psychiatrie classique où le praticien explorait chaque aspect subjectif du patient et où chaque signe pathologique éventuel était mis en relation avec la personnalité totale du sujet et avec les autres signes pathologiques, même minimes, afin que puisse s'en dessiner une configuration particulière et significative. Aujourd'hui, le diagnostic peut résulter dans certaines pratiques de la seule évaluation de la présence de signes dont le nombre détermine la significativité, sans forcèment que ces signes soient rapportés à l'ensemble de la subjectivité du patient. Il en découle que pour un patient dont l'évaluation n'aboutira pas au nombre significatif de signes d'une pathologie avérée mais présentant malgré tout des troubles, il sera fait alors un diagnostic vague, ressortissant d'une catégorie en quelque sorte générique. La dépression en fait partie.

Mais, tout aussi problématique, cet abord à se présenter comme objectif laisse à penser qu'une fois le diagnostic posé, lui-même objectif, et le couple diagnostic-thérapeutique, le plus souvent chimique, établi, il n' y aurait plus d'autre suivi nécessaire que celui du renouvellement de médicaments[ii].  Et l'évaluation des signes pathologiques bien qu'utile n'apparaît pas toujours nécessaire, on ne refait pas sans cesse un diagnostic qui est défini comme objectif. Et le suivi du patient sur un plan subjectif, où pourtant dans sa parole pourrait apparaître les variations de son état, en paraît inutile.

 Est-ce du à l'inflation des médias et des informations qu'ils nous déversent, ou bien y a t-il effectivement depuis quelques années une multiplication de ces catastrophes? Un homme poignarde un passager dans le métro, un tireur fou abat deux passants, une mère se suicide avec ses enfants... Combien de ces informations avons-nous entendues ces dernières années? Et cela sans compter ce que nous ignorons de ce que ça ne fasse pas la une des médias: les passages à l'acte suicidaires.

J.J.L

[ii] Il faut rappeler que cerrtains anti-dépresseurs sont aussi des des-inhibiteurs et comme tels favorisent les passages à l'acte.