Attention:
La conférence à Poitiers le 1er Juin
avec Marie Christine Laznik est annulée du fait de son indisponibilté
En relation avec l'Atelier de Limoges
Signalons la pétition de StopDSM
et l'action du Collectif des 39
et un article du Monde du 17-05-13
Publications de l'Epco



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Grand Atelier Limoges Samedi 8 Juin
La question du sujet.
Néo-psychiatrie et Néo-sujet.
Là, où nous étions
arrivés lors du Grand Atelier précédent, en Juin 2012, à partir de l'examen du
DSM comme référence à l''établissement des diagnostics psychiatriques, était
que pareille conception du diagnostic ne pouvait reposer que sur
l'hétérogénéité radicale du sujet et de sa maladie mentale, renommée dans le
DSM trouble mental. Entre le trouble mental et le sujet qui en est atteint,
nulle relation, nulle historicité, nulle causalité. Nous pensions au départ,
après l'examen attentif des critères diagnostiques du DSM, car c'est sur
ceux-ci que repose la cotation habituelle, la plupart du temps utilisée, celle
de la CIM, que toute dimension subjective était abolie, tant celle-ci y est
absente. Si cela s'avère exact au temps de l'observation du patient et de
l'établissement du diagnostic, l'observation de la pratique psychiatrique nous
a amené à supposer que, bien qu'il soit exclu de son trouble mental, il
subsistait malgré tout un sujet, rétabli au temps des énoncés de son diagnostic
et de son traitement, afin qu'il puisse les entendre et y acquiescer. Ceci
s'illustrant ainsi : « Vous avez un trouble bipolaire, autistique, anxieux,
etc., et vous devez suivre tel ou tel traitement. » Cela présuppose un sujet
capable de compréhension et de volonté donc, pour suivre son traitement, en
même temps qu'il est supposé hétérogène, et étranger à son trouble mental.
Comme si celui-ci n'avait rien à voir avec le sujet qui en est porteur, sur le
modèle du trouble organique, qui, lui-même, dans la pratique organique n’est
pas sans poser question.
Donc, une pathologie
sans sujet.
Un autre point a
retenu notre attention. Celui de la construction même du DSM. Se voulant à la
fois exhaustif et objectif, celui-ci décrit pour chaque trouble un ensemble de
critères. C’est de la sommation de leur présence, attestée par une observation
« objective », qu’en sera déterminé un diagnostic avéré d’atteindre
un certain seuil. Nous en déduisions que cela même expliquait ce fait,
apparemment secondaire et pourtant fondamental méthodologiquement, que, de ce
que certains troubles se présentent de façon atypique ou n’atteignent pas le
seuil considéré comme significatif, il existe, pour quasiment toutes les
catégories du DSM, une sous catégorie : « autres troubles de la
série ». Celle-ci, de par sa constitution même, réserve des inclassés et
des inclassables, obligatoire pour une exhaustivité se voulant objective, nous
semblait grosse d’une possibilité quasi infinie de nouvelles définitions de
troubles, de nouveaux troubles, de nouvelles sous catégories. La publication
récente du DSM 5 semble bien le confirmer..
Une autre surprise
nous a été apportée par le constat que la non subjectivité du trouble mental
dans cette approche diagnostique ne concerne pas seulement le patient mais
également le praticien. Nulle dimension subjective n'en est requise. Que ce
soit celle d'une expérience ou d'une pratique clinique, celle d'une réflexion
ou d'une intuition diagnostique. Le praticien ainsi réduit à l'oeil d'un
observateur objectif rapportant les éléments de son observation à des grilles
et des échelles hiérarchisées dont les différentes configurations détermineront
les diagnostics et les traitements adéquats. La subjectivité du praticien y
étant remplacée par ce qu'il est convenu d'appeler « le consensus d'experts »
ayant présidé à l'élaboration de ces échelles et de ces grilles. Ces questions,
cela est à noter, ne concernent pas que le seul trouble mental. Cela va même
bien au-delà de la médecine. Qu'on songe à l'économie, aux multiples audits
d'entreprises, d'administrations, d'institutions par exemple,...
Ces échelles et ces
grilles introduisent une nouvelle sémantique, (toc, hyperactivité, phobie
sociale, etc, etc ).. De cette nouvelle sémantique se construit un nouveau
discours, lequel dessine une nouvelle réalité des pratiques. Par exemple, avec
le point nodal de l’hétérogénéité du trouble et du sujet,( s’il y a encore un
sujet ), c’est le trouble qu’il s’agit de soigner, de faire disparaître, car
c’est de lui, seul, dont il est question. Alors si ce trouble, mesuré à partir
des observations, n’atteint plus le seuil significatif à partir duquel il est
avéré, il n’existe plus. Il y a guérison. Ce qu’il en reste, n’est plus du
ressort de la psychiatrie, de l’hôpital psychiatrique. D’où l’importance des
notions nouvelles en psychiatrie comme « file d’attente »,
« rotation des lits », « turn over »... La rapidité de la
disparition du trouble étant un critère d’efficacité. Quant aux scories, à
savoir les critères atypiques ou n’atteignant plus le seuil significatif, elles
sont externalisées vers des structures médico-sociales (y compris celles qui
n’en sont pas : prison, rue, .., ).
Mais là encore il
apparaît qu'après ce temps de diagnostic a-subjectif, (idéalement aucun
praticien au sens classique ne serait requis), survient un temps second où le
praticien énonçant diagnostic et traitement redevient sujet, au moins de son
dire et de sa signature, sujet y compris de l’administration, de la justice,
des assurances et de groupes d’usagers...
De notre lecture
minutieuse du DSM, étant parvenu en ces points, nous nous interrogions : quel
sujet est ici supposé ? Un sujet qui n'est pas dépressif mais qui a une
dépression. Un sujet qui n'est pas autiste mais qui a un trouble autistique. Un
sujet qui n'est pas névrosé mais qui a un trouble névrotique. Un praticien qui
ne comprend pas son patient mais qui l'observe, un praticien qui ne s'interroge
pas sur une pathologie mais qui l'évalue. Dans tous les cas, c'est un sujet qui
apparaît inentamé par son trouble ou sa pratique, puisqu'ils lui sont
extérieurs, hétérogènes. Qu'il n'y est pas concerné, impliqué. Cette extériorité
aussi bien du trouble mental réduit au modèle du trouble organique que de la
pratique réduite à une observation objective, semble soulager cette notion de «
sujet » de toute dimension réflexive à proprement parler,( là où le sujet se
pense lui-même), pouvant se manifester par le doute, l'imagination, le
symptôme, l’hypothèse, etc... De tout ce qui peut l'entamer et par là le
diviser. (On comprend mieux ici une certaine haine de la psychanalyse).
La conclusion à
laquelle nous parvenions l'an passé, c'est que le sujet qui semble ainsi s'en
dessiner serait un sujet totalement transparent à lui-même, tel que le seul «
in-su » pouvant y être supposé serait de l'ordre d'un non-savoir organique ou
génétique ou de l'ordre d'une méconnaissance résultant d'un défaut
d'apprentissage, d'un défaut cognitif. Autrement dit un « in-su » qui ne serait
que le résultat d'un manque d'extension de cette conscience définie comme
totalement transparente à elle-même telle qu'on peut en supposer pourvu un tel
sujet, et non comme peut le supposer non seulement la psychanalyse, mais aussi
bien avant elle la philosophie ou la religion, un « in-su » résultant de la
division du sujet. Division entre le bien et le mal, la raison et les passions,
le divin et l’humain, les pulsions et la conscience morale, conscient et
inconscient, etc...
C'est pour tenter, à
la fois d'explorer et de cerner ce qu'il en serait d'un tel sujet, des
conséquences pratiques et cliniques d'une telle conception, mais aussi
peut-être de ses extensions sociales, voire idéologiques, que nous proposons
cette seconde journée, afin que, comme pour la première qui fut une réussite
sur ce plan, la mise en commun de nos réflexions nous apporte quelques lumières
et questionnements.
Ce sujet totalement
transparent à lui-même: - sujet de la science – paranoïa comme personnalité
normale – perversion généralisée – nouvelle économie psychique- ? ?
Et bien d’autres
choses sans doute.
A explorer.
| Journées Joyce , Monique Dorsel
Le 23 Mars nous avons eu la chance d'entendre l'interprétation du
monologue de Molly Bloom par Monique Dorsel. Avec son accord nous en
diffusons l'enregistrement.

Cliquer pour écouter, clic droit enregistrer
Monique Dorsel est une comédienne belge, créatrice et directrice du Théâtre-Poème de Bruxelles
qui réunit sur scène le théâtre et la poésie
depuis quarante ans.
Monique Dorsel est d’abord la fondatrice, en
1962, d’un organisme de diffusion de la poésie et de la littérature parmi les
jeunes : les Jeunesses poétiques qui, rompant avec le récital de poèmes
traditionnel, crée les spectacles-poèmes. Forte du succès qu’elle récolte à
travers cette première expérience, elle crée en 1967 le Théâtre-Poème qui
diversifie et étend l’activité littéraire initiale à la philosophie et à la psychanalyse.
Dès 1968, elle décide de lancer Le Mensuel littéraire et poétique qui
séduira rapidement les amateurs de lettres.
Comédienne, Monique Dorsel a interprété Molly
Bloom, le monologue final de l’Ulysse
de James Joyce,
ce qui lui vaudra le Prix Henri Chanal en 1972 ; Alexandra de Lycophron
dans l’adaptation de Pascal Quignard ; Éros énergumène
de Denis Roche ; Pornowallie de Jean-Pierre Verheggen ; Glossomanies
de Christian Prigent, et bien d’autres rôles
encore. En tant que metteur en scène, elle a créé en 1979 Serres
chaudes à partir de textes de Maurice Maeterlinck ; elle a notamment
travaillé l’œuvre d’Alfred Jarry, Tristan Tzara
et tant d’autres.
En 1974, elle reçoit le Prix de la Fondation
Théâtre et Culture. En reconnaissance de l’importance de son action, le roi Baudouin la nomme, en 1977, chevalier de
l’Ordre de la Couronne.
C’est en 1987 qu’elle connaît sa consécration internationale en recevant à New York
la Colombe de la Paix, médaille commémorative des Nations unies. Depuis
1990, elle siège à la Libre Académie, à Bruxelles. En 1990 lui est attribué
l’Ève du Théâtre. Depuis lors a été créé l'« Adam de la Poésie » qui
récompense les meilleurs diffuseurs de la poésie. Ce prix sera naturellement
offert, en 1992, à « La Dorsel ». En mai 1994, Monique Dorsel reçoit
le Grand Prix d’Interprétation féminine au Festival international de Théâtre
Atelier de Sfântu Gheorghe, en Roumanie.
On a pu dire d’elle qu’elle était un de nos
meilleurs ambassadeurs en raison du fait que bien des écrivains français ont
découvert Bruxelles par l’entremise du Théâtre-Poème car elle a si bien su
faire rayonner notre littérature en France. Mais en définitive, l’essentiel
réside sans doute dans l’amitié qu’elle a pu nouer avec les écrivains et
poètes, belges, français ou canadiens, qu’elle a fait se rencontrer dans
l'atmosphère du petit théâtre de Saint-Gilles (Bruxelles).
Dans ses « attendus » pleins
d’humour, Jacques De Decker a dit d’elle :
« Elle a élu un jour domicile dans un texte et s’est lancée dans
l’entreprise de son incarnation... Rien ne l’a jamais arrêtée dans cette
aventure, ni l’opacité des poètes, ni leur immersion totale dans l’écriture.
Elle n’a jamais ciblé un public, trop convaincue que la bonne parole peut être
servie partout, et que l’esprit souffle où il veut. Cela l’a amenée à
transformer une banale maison bruxelloise en quartier général de la poésie dont
les amoureux de la littérature se passent l’adresse comme un mot de
passe ».
Source Wikepedia
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